Introduction

La Communauté des chrétiens – mouvement pour un renouveau religieux – apporte une nouvelle impulsion dans l’évolution du christianisme. Elle offre la possibilité à chacun, grâce à la vie des sacrements renouvelés, de cultiver en pleine conscience son lien individuel avec le Christ.

Elle se comprend comme faisant partie de l’Église universelle à laquelle appartiennent tous ceux qui se sentent liés au Christ.

Fondation et développement

Ce mouvement a été fondé à Dornach, Suisse, en 1922 sous l’impulsion de jeunes théologiens qui éprouvèrent le besoin de renouveler la vie religieuse.

Friedrich Rittelmeyer, jusqu’alors personnalité-phare des milieux protestants de l’époque, devint la figure centrale dans le processus de la fondation. Il fit partie des quarante-cinq fondateurs qui  demandèrent conseil à Rudolf Steiner pour les aider à fonder ce mouvement religieux chrétien.

Aujourd’hui, même si elle trouve sa plus grande concentration dans les pays occidentaux, la Communauté des chrétiens est présente sur tous les continents ; il existe actuellement quelque trois cents communautés dans le monde.

La mort et la Résurrection du Christ

sont reconnues par la Communauté des chrétiens comme pivot central de toute l’histoire humaine. Cette réalité vivante peut être vécue comme un fait objectif de rédemption pour l’humanité et pour la terre entière.

L’enseignement

proposé dans ce mouvement est libre et ouvert ; il n’impose pas de doctrine morale et respecte les autres religions et confessions.

Le concept de réincarnation est regardé comme une possibilité pour appréhender l’être humain et sa mission.

La célébration des sacrements est au centre de ce mouvement

Les sept sacrements y ont pris une forme renouvelée :

  • l’Acte de consécration de l’homme (Eucharistie) ;
  • le Baptême ;
  • la Confirmation ;
  • l’Entretien sacramentel (Confession) ;
  • le Mariage ;
  • l’Ordination sacerdotale (pour hommes et femmes, mariés ou non) ;
  • l’Extrême-onction.

De quoi s’agit-il ?

« Nous sommes non à la fin du Christianisme, mais au début. » Ch. Morgenstern

Voile de brumeIl y a maintenant plus de deux mille ans que le Christ a marché sur la terre, qu’il a enseigné, est mort et ressuscité. Deux mille ans de développement de courants chrétiens les plus divers. Certains d’entre eux se sont imposés, opposés violemment, y compris par des guerres sanglantes ; non seulement entre eux mais aussi en massacrant les tenants d’autres religions, d’autres courants philosophiques. Cette longue histoire pourrait faire douter de la valeur du message chrétien, pourrait aussi laisser croire que l’impulsion première est appelée à s’éteindre.

Pourtant, malgré ces graves dérives portant atteinte à l’essence du christianisme et perpétrées par les chrétiens eux-mêmes, malgré les développements d’un athéisme qui voudrait s’imposer comme étant la seule voie « raisonnable », des personnes se sentent aujourd’hui encore, toujours et à nouveau, touchées par la personne du Christ, touchées par le message de l’Évangile. Pourquoi ? L’être du Christ est l’essence de l’humain présent en chaque personne ; il est l’idéal d’humanité que chacun pressent plus ou moins consciemment tout au fond de lui-même. Le Christ représente l’absolue grandeur de celui qui s’offre totalement. Il peut être vu comme le plus faible, mais à la fois, paradoxalement, dans cette faiblesse, comme le plus fort.

La perception d’un idéal aussi élevé est souvent teintée par le désespoir, venant du constat d’en être encore tellement éloigné. L’expérience d’impuissance et d’obscurité intérieure est une réalité presque quotidienne de l’humanité d’aujourd’hui, liée à des épreuves intérieures, à la solitude, aux échecs. C’est justement dans cette impuissance que l’on peut percevoir l’être du Christ. Dans cette obscurité peut être vécue l’expérience lumineuse – même si elle est très discrète, le plus souvent, à peine perceptible – de la substance de l’être, du Je intime, personnel, et éternel, qui, redresse la tête, fonde en lui-même sa dignité et se tourne toujours et à nouveau vers la vie. « Je suis la Vérité et la vie. Je suis la lumière du monde ». Ces expériences, si discrètes soient-elles, viennent de l’idéal d’humanité appartenant à un avenir encore lointain, mais qui peut être déjà vécu dans de tels moments, intimement, personnellement.

L’impulsion du Christ a été déposée il y a deux mille ans dans la vie de la terre, comme une graine qui commence seulement à germer et à se déployer dans le for intérieur d’individus ; on peut en reconnaître l’action dans des personnes de toutes religions, de toutes philosophies. Son action dépasse de loin l’enseignement écrit (dans les évangiles) et se place bien au-dessus de toute division, de toute confession religieuse : « Jésus a fait bien d’autres choses encore ; si on les écrivait une à une, le monde entier ne pourrait, je pense, contenir les livres que l’on écrirait. » (Jean 21)

Qu’est-ce que la Communauté des chrétiens ?

Saint MichelUn mouvement rassemblant des personnes qui cherchent le Christ. La Communauté des chrétiens n’est pas le but ; elle est le moyen, elle veut rendre possible à toute personne qui le souhaite d’approfondir son lien au Christ, en toute liberté de conscience. Elle propose pour cela principalement la pratique d’un culte ou sacrement.

Le nom « communauté » pourrait laisser croire que ces personnes partagent une communauté de vie, à la manière d’une communauté monastique par exemple. Ce n’est pas le cas : le mot « communauté » est plutôt à prendre dans le sens de « communauté d’esprit ». La participation aux cultes et autres activités est ouverte à tout public sans condition préalable. Autour de cette vie cultuelle, différentes activités sont possibles, suivant les initiatives des membres : échanges autour des évangiles et de thèmes d’actualité, célébration des fêtes de l’année, conférences, aide aux personnes malades ou dépendantes, etc.

Le culte, d’environ une heure, est une forme renouvelée de l’Eucharistie, le sacrement de la Communion, appelé « Acte de consécration de l’homme ». Il se déroule dans un lieu (si possible) consacré, une chapelle ou une église (de la Communauté des chrétiens). Il est célébré par la communauté, représentée à l’autel par un prêtre et deux servants.

Autour de ce culte central, les autres sacrements sont proposés pour accompagner la biographie : Baptême, Confirmation (à 14 ans), Entretien sacramentel (confession renouvelée), Mariage, Extrême-Onction (aide au seuil de la mort), Ordination sacerdotale.

La dénomination complète de ce mouvement est : « La Communauté des chrétiens – mouvement pour un renouveau religieux ». Depuis la fondation de celle-ci en 1922 , d’autres mouvements utilisent également le terme de « renouveau », comme par exemple le « Renouveau charismatique ». La Communauté des chrétiens est indépendante de ces mouvements – qui sont le plus souvent reliés à l’Église catholique – et elle entend le « renouveau » d’une autre manière, comme on pourra le comprendre à lecture de tout ce qui est présenté ici. En particulier, la forme du culte – Acte de consécration de l’homme – est très simple, intériorisée, et en appelle, non à l’expression extérieure des participants, mais avant tout à une grande activité intérieure, méditative.

Présence dans le monde

Il existe actuellement quelques 300 communautés réparties sur tous les continents, sachant que la majorité reste concentrée dans les pays germaniques et de langue anglaise.

La vie des différents centres ou communautés dépend entièrement de l’énergie et de la créativité des membres qui collaborent avec le(s) prêtre(s). Dans certaines régions, des initiatives sociales ont vu le jour : séjours de vacances pour les enfants et les jeunes, jardins d’enfants, maisons de retraite pour personnes âgés, etc. La vie culturelle artistique tient aussi une place importante dans la vie du mouvement : expositions, concerts, conférences sur des thèmes d’actualité, rencontres-forums avec d’autres mouvements spirituels ou religieux, etc.

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Pourquoi un nouveau mouvement religieux ?

OLYMPUS DIGITAL CAMERASi, d’une part, la Communauté des chrétiens se situe dans la tradition chrétienne, d’autre part, elle est en rupture par rapport aux  églises traditionnelles sur un certain nombre de points.

Premièrement, bien que proposant un credo, elle n’impose aucun dogme de foi  à ses membres. Ceci est difficile à concevoir pour des chrétiens connaissant la vie des églises traditionnelles. Car il semble évident qu’il « faille croire » à certaines vérités pour se dire chrétien ou membre de telle ou telle église. Pas dans la Communauté des chrétiens ; chacun progresse à son rythme, complètement librement dans sa pensée, sa connaissance par rapport aux réalités du monde et du christianisme, à partir de sa propre expérience. Même si l’on participe aux sacrements, aucune « profession de foi »  n’est exigée.

Dans un même sens, participer aux activités de la Communauté des chrétiens n’induit aucunement de se soumettre à une quelconque directive pour la conduite de la vie personnelle ou morale. Par exemple, la vie intime et sexuelle de chacun relève de la sphère privée et de la responsabilité individuelle ; c’est un aspect où personne n’a à porter de jugement à partir d’une quelconque autorité morale.

La Communauté des chrétiens ne peut donc se rallier à une hiérarchie qui s’investisse d’une autorité spirituelle. Elle est bien portée par des prêtres, mais ceux-ci n’ont pas, par principe, d’autorité spirituelle sur les membres ; ils sont avant tout les « célébrants », ceux qui, au nom de la communauté, célèbrent les sacrements et portent la vie de la communauté dans laquelle ils sont envoyés. Ils ne sont pas non plus compris comme une sorte d’« intermédiaires » entre Dieu – le Christ – et les hommes : chaque individu créant son lien direct, personnel, avec le Christ, avec le Divin.

Une autre particularité de ce mouvement est que, dès sa fondation en septembre 1922, femmes et hommes, mariés ou non, ont pu être ordonnés prêtres.

Parmi les particularités de la Communauté des chrétiens, il y a le fait que son enseignement se base sur la tradition chrétienne élargie par l’anthroposophie ; elle intègre notamment la possibilité de la réincarnation à une compréhension chrétienne de la vie humaine et du monde.

La naissance de ce mouvement

Après la Première Guerre mondiale, des étudiants s’adressent à Rudolf Steiner pour qu’il les aide à fonder un mouvement qui renouvelle la vie chrétienne. Ces jeunes étaient déçus par leurs formations en théologie, ils ne pouvaient plus y trouver de lien avec une vie de foi personnelle. Ils avaient par contre trouvé dans l’enseignement de Rudolf Steiner des idées leur permettant de pressentir qu’une direction toute nouvelle pourrait être donnée à une vie, à un pratique religieuse chrétiennes. Rudolf Steiner a volontiers répondu à leur demande et s’est investi énergiquement avec eux pour préparer la naissance de ce mouvement. C’est ainsi qu’en septembre 1922, à Dornach (près de Bâle, en Suisse), la Communauté des chrétiens – Die Christengemeinschaft – est fondée par 45 personnes, ordonnées prêtres. Il s’agit principalement de jeunes, dont deux femmes. Ces personnes vont fonder des communautés tout d’abord en Allemagne, en Suisse et en Hollande et ensuite en Europe et dans le monde.

En France

Après la Deuxième Guerre mondiale, trois pasteurs protestants se lient à la Communauté des chrétiens : Jérémie Nidecker, Gérard Klockenbring et Pierre Lienhard. Ils entreprennent un travail en France à partir de Strasbourg, puis Paris. Actuellement, cinq prêtres sont actifs en France, dans des communautés à Paris, Strasbourg et Colmar, ayant aussi des filiales dans l’Allier (Moulins), à Troyes, à Bruxelles et à Alès. Au total, il y a environ 350 membres  en France ; le nombre d’« amis » est difficile à cerner puisque chacun participe de manière complètement individuelle et libre à la vie de ce mouvement. La revue Perspectives chrétiennes, qui paraît quatre fois par an, reflète par des articles la vie et l’enseignement de la Communauté des chrétiens. Les Éditions IONA publient régulièrement de nouveaux livres, y compris des albums illustrés et des histoires pour les enfants.

Qui sommes-nous ?

Qui sont les membres ?

Toute personne peut participer librement aux sacrements et aux activités proposées dans les différents centres de la Communauté, et aussi contribuer à sa manière en portant une tâche et/ou par des dons financiers.

Lorsqu’une personne le souhaite, elle peut devenir « membre » de la Communauté des chrétiens. Généralement, c’est le moment où un personne remarque que ce mouvement lui apporte un soutien essentiel, et qu’elle veut en porter la co-responsabilité. Après un ou plusieurs entretiens avec un prêtre, elle est inscrite comme « membre » de la Communauté des chrétiens. Elle reçoit alors le Credo comme texte de méditation personnelle, avec le Notre Père et les évangiles. Elle s’engage ainsi à porter la vie de la Communauté des chrétiens sur le plan spirituel et matériel, ceci toujours dans la mesure de sa volonté personnelle.

Contrairement à de nombreuses églises chrétiennes, dans la Communauté des chrétiens ce n’est pas par le baptême que l’on en devient membre. Car le baptême célébré dans la Communauté des chrétiens est conféré aux enfants, jusque 14 ans, à part quelques exceptions, et il n’implique pas que l’enfant devienne « membre » de la Communauté des chrétiens, ce choix ne pouvant être posé que par un adulte. En fait, chaque participation de l’Acte de consécration de l’homme – sacrement qui prend son sens à partir de la confirmation – peut être considérée comme un baptême que la personne se confère à elle-même. Le mot baptiser signifie « plonger » ; lors de chaque célébration, de fait, le participant est plongé spirituellement dans la présence du Christ. À noter que la Communauté des chrétiens reconnaît les baptêmes des autres communautés ou églises chrétiennes. Concrètement, cela signifie qu’une personne ayant par exemple été baptisée dans l’Église catholique ne sera pas appelée à renouveler son baptême pour recevoir la Confirmation ou le Mariage. Ce n’est pas toujours vrai dans l’autre sens.

Les prêtres

Les prêtres sont ordonnés après une formation individualisée, qui dure généralement jusqu’à trois ans et demi. Des « pro-séminaires » existent en différentes régions du monde et peuvent préparer les candidats à intégrer un séminaire pour la phase finale de leur formation. Il existe actuellement trois séminaires : à Stuttgart, Hambourg et Spring Valley (New York).

Les prêtres se consacrent à temps plein à leurs tâches de célébration et d’animation de la vie de leur(s) communauté(s). Leur activité est soutenue par un travail d’approfondissement spirituel et de méditation quotidiens. Leur rôle est aussi d’accompagner individuellement les membres qui le désirent dans leur recherche spirituelle et dans leur biographie ; également dans la maladie et jusqu’au seuil de la mort.

Les prêtres de chaque région se réunissent régulièrement de manière collégiale, et sont accompagnés par un « recteur », qui porte la conscience de l’ensemble de la région et qui a pour tâche particulière l’envoi en mission des prêtres. Au niveau international, un groupe de sept recteurs, appelé « Cercle des sept », est garant de l’unité de l’ensemble du mouvement et veille sur l’intégrité des sacrements. Chaque année, les prêtres du monde entier se réunissent plusieurs jours pour échanger leurs questions théologiques ou pastorales et chercher un consensus sur des questions diverses, allant de modifications dans les sacrements jusque dans leur organisation interne.

Vos questions

Acceptez-vous la réincarnation ?

De plus en plus de personnes ont le pressentiment ou la conviction d’avoir déjà vécu une vie comme être humain sur la terre. Dans les Églises traditionnelles, ceci est considéré comme hérétique, non-biblique, non-chrétien. Ce n’est pas le cas dans la Communauté des chrétiens. Lorsqu’on élargit la vision chrétienne du monde grâce à des connaissances d’ordre suprasensible telles qu’elles sont élaborées par exemple par l’anthroposophie, il en résulte une nouvelle perspective, également pour le christianisme. Le fait unique de l’acte d’incarnation et de rédemption du Christ Jésus rencontre la destinée humaine au cours de différentes vies terrestres. Celles-ci reçoivent leur sens et leur but à la lumière d’une incorporation progressive des forces de Résurrection dans l’humanité. Chaque vie peut être reçue comme une grâce, une nouvelle possibilité sur ce chemin.

Avez-vous un Credo ?

La Communauté des chrétiens a un Credo présentant les vérités fondamentales du christianisme. Ce Credo reprend sous une nouvelle forme les contenus principaux du Credo traditionnel (Symbole des Apôtres et Credo de Nicée).
Ces propositions sont offertes à une méditation individuelle. Il n’est pas question de « devoir croire » en quoi que ce soit pour devenir membre de la Communauté des chrétiens. Une foi actuelle ne peut consister en un ensemble de croyances aveugles. La foi, force de confiance, est le fruit d’une expérience personnelle de la réalité de l’Esprit. Elle devient force vitale qui fait croître l’être en relation avec le monde divin.

F. Bihin

Comment vous situez-vous par rapport au sacerdoce des femmes ?

Dans la Communauté des chrétiens, la femme est l’égale de l’homme dans le service sacerdotal, suscitant l’étonnement des uns, la curiosité des autres, mais aussi la question très sérieuse : que voulait donc dire Paul lorsqu’il prescrit « Que la femme se taise dans les assemblées » (1 cor. 13) ? De même que chaque adulte demeure enfant dans un recoin de lui-même, et qu’« être homme » n’est pas l’apanage du sexe masculin, de même chaque être humain porte en lui un aspect « femme ». C’est de cette part de notre humanité que Paul parle et à laquelle il dénie le droit d’agir au sein de la vie religieuse. Car ce qui se joue entre le monde terrestre et le monde divin, en particulier dans l’activité sacerdotale, dans une communauté, doit résulter d’une « humanité » pleine, aux contours nets, et empreinte de rigueur, si tant est qu’un ordre supérieur doit pouvoir s’y refléter. Mais l’activité sacerdotale peut être faussée aussi par la prédominance de l’aspect masculin dans l’homme. Elle est alors menacée de s’enfermer dans un cléricalisme autoritaire et de perdre le sens de la liberté. L’idéal d’un sacerdoce qui satisferait à la fois à l’exigence moderne de liberté et au besoin de substance et de forme, peut être approchée dans la mesure où l’on tend vers une « humanité originelle » telle que l’homme, la femme et l’enfant y tiennent l’équilibre. Aujourd’hui l’accès d’une humanité vraiment pleine n’est plus fonction d’un sexe, étant donné l’évolution et le rôle de plus en plus déterminant du « moi » ; c’est pourquoi la présence de femmes assumant à l’autel et dans la communauté toutes les fonctions du prêtre, fut ressentie et pratiquée d’emblée comme une évidence dans la Communauté des chrétiens.
M. Piper

Quel est votre lien avec l’anthroposophie ?

En 1921, à Stuttgart, en Allemagne, de jeunes théologiens protestants sont venus trouver Rudolf Steiner (voir page de présentation) avec la question de renouveler la vie religieuse. Rudolf Steiner a aidé ce groupe par des conférences portant sur le christianisme, la théologie et les sacrements. Avec son aide, le « Mouvement de renouveau religieux », ou « La Communauté des chrétiens » (“Die Christengemeinschaft”), a été fondé à Dornach (près de Bâle) le 16 septembre 1922 par 45 personnes accompagnées par Friedrich Rittelmeyer, pasteur luthérien. La Communauté des chrétiens fait donc partie du mouvement anthroposophique en tant que courant de pensée. Chaque confession chrétienne a ses facultés de théologie. À la Communauté des chrétiens, l’anthroposophie élargit et éclaire la théologie et l’exégèse classiques.

Cela dit, insistons ici sur l’indépendance réciproque de » la Communauté des chrétiens » et de la « Société anthroposophique » en tant qu’organisations concrètes. La Communauté des chrétiens n’est pas l’Église des anthroposophes. Inversement, fréquenter la Communauté des chrétiens n’implique pas que l’on se reconnaisse comme anthroposophe. Mais l’un n’exclut pas l’autre non plus. Bref, chacun prend position personnellement, sachant que les deux mouvements ont leurs tâches respectives, l’un dans le domaine de la connaissance, l’autre dans la pratique d’une vie religieuse.

A propos de l’Anthroposophie : voir « liens »

F. Bihin

Quelle est votre organisation juridique et économique ?

Chaque communauté locale a une existence autonome sous forme d’Association cultuelle (Loi 1905) ou de Droit local en Alsace. Cette association est portée par les membres et prêtres actifs en chaque lieu. L’association : « La Communauté des chrétiens en France » fédère les communautés locales qui pourvoient à l’existence matérielle des ministres du culte actifs en France et Belgique francophone. Depuis 2003, les prêtres sont affiliés à la caisse de sécurité sociale française spécifique aux ministres du culte, la « cavimac ».

La participation à la vie sacramentelle ainsi qu’aux activités proposées par la Communauté des chrétiens est possible pour toute personne qui le désire, indépendamment de contributions financières. Cependant, la Communauté des chrétiens n’est pas subventionnée ; sur le plan économique, elle ne vit que des cotisations et dons de ses membres et amis. Chacun décide librement de sa participation sous forme de contributions régulières et de dons occasionnels (déductibles des impôts).

Au niveau international, le mouvement est inscrit dans le droit néerlandais sous le nom « Stichting de Christengemeenschap (international), plus couramment nommé, en anglais « Foundation ». Celle-ci a pour rôle de gérer l’administration et le financement des aspects qui dépassent les domaines de chaque région ou pays : coordination du mouvement, réunions internationales, formations des prêtres, aide à la fondation de communautés dans de nouveaux pays. La « Foundation » regroupe 18 régions qui indépendantes : Asie australe ( Australie-Nouvelle-Zélande) ; France, Grande Bretagne et Irlande ; Japon ; Pays Bas et Belgique ; Amérique du Nord ; Pays nordiques, Autriche ; Europe de l’Est et du Sud ; Suisse et Italie ; Afrique du Sud ; Amérique du Sud ; Nord de l’Allemagne ; Centre de l’Allemagne ; Sud-ouest de l’Allemagne ; Est de l’Allemagne et Baden-Württenberg.

F. Bihin

Quelles sont vos relations avec les autres communautés chrétiennes ?

La Communauté des chrétiens est indépendante des grandes Églises chrétiennes traditionnelles. Celles-ci la considèrent actuellement avec un regard qui peut aller du rejet jusqu’à la bienveillance. En différents lieux, notamment à Strasbourg, un travail de dialogue s’est établi avec des Églises protestantes.
Si elle veut rester libre sur le plan institutionnel, la Communauté des chrétiens n’en est pas moins pleinement inscrite dans le courant du Christianisme. Du point de vue spirituel, l’Église est un organisme vivant auquel appartiennent tous ceux qui ont un lien avec le Christ, qu’ils vivent ce lien seul ou en communauté. De ce point de vue, l’œcuménisme est déjà une réalité.

F. Bihin